L'Anjou Agricole 27 novembre 2014 à 08h00 | Par L

Tria - L’agriculture ligérienne a déjà entamé sa révolution

Plus de 400 personnes ont participé, lundi 24 novembre à Terra Botanica, à Angers, au deuxième colloque sur la Troisième révolution industrielle et agricole.

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Les présidents de chambres consulaires régionales, Claude Cochonneau (agriculture), Bruno Hug de Larauze (commerce et industrie) et Jean-Claude Choquet (métiers et artisanat), engagés dans la Tria.
Les présidents de chambres consulaires régionales, Claude Cochonneau (agriculture), Bruno Hug de Larauze (commerce et industrie) et Jean-Claude Choquet (métiers et artisanat), engagés dans la Tria. - © AA

 

Qu’est-ce que la Tria, la troisième révolution industrielle et agricole ? Elle est inspirée d’un modèle imaginé par l’économiste Jérémy Rifkin, qui repose sur une réorganisation fondamentale de l’économie et de la société.  Pourquoi peut-on parler de révolution et pas seulement de mutation ? Selon l’économiste, les grandes révolutions économiques de l’histoire se produisent lorsqu’il y a conjonction  d’innovations dans le domaine de l’énergie et dans celui de la communication. Nous y sommes aujourd’hui. C’est pourquoi, dans la région, les chambres consulaires ont décidé de rassembler leurs forces pour accompagner au mieux cette révolution. Les chambres de commerce et d’industrie, d’agriculture et des métiers et de l’artisanat ont lancé en 2013 un programme nommé la “Tria en Pays de la Loire”. Soutenu par la Région au travers des PRI (Plateformes régionales d’innovation), notamment, ce programme se donne des objectifs ambitieux en matière de transition énergétique (labelliser des entreprises du bâtiment en RGE), d’agriculture durable, de production d’énergie renouvelable (objectif de 30 000 emplois durables), de performance énergétique et environnementale des entreprises.

Penser global, agir local

“La mission des chambres est de préparer le futur, a souligné Bruno Hug de Larauze (CCI Pays de la  Loire). Si la Tria se pense au niveau planétaire, chacun, localement, est acteur de cette révolution”. “En y allant groupés, nous aurons plus d’efficacité au niveau territorial, estime Claude Cochonneau, président de la Chambre régionale d’agriculture. L’économie d’énergie sur les bâtiments d’élevage, par exemple, cela concerne aussi les entreprises de la construction”. Les Chambres d’agriculture accompagnent les porteurs de projets “dans  lesquels il y a une forte part d’inconnu et de risque”, comme dans le domaine du biogaz (voir ci-dessous). En agriculture, la révolution est bel et bien en marche dans divers domaines, l’énergie avec une filière bois éthique en Mayenne, la méthanisation, qui répond au double objectif de réduire la facture énergétique et d’apporter une réponse à la problématique des effluents d’élevage, mais aussi dans les techniques culturales simplifiées, qui allègent la consommation de carburant, ou encore dans l’utilisation des nouvelles technologies sur l’exploitation. Jean-Pierre Morille, installé en 2007 en production laitière à La Tourlandry, fait partie de ces agriculteurs entrés de plain-pied dans la révolution technologique et numérique. Il a mis en place un Dal (Distributeur automatique de lait) pour les veaux, a revu complètement l’organisation des bâtiments “pour gérer de façon efficace les déplacements”. Il a installé un robot de traite, technologie qu’il concilie avec le pâturage. Les vaches sont équipées de détecteurs de chaleur et de rumination. Les données du troupeau et le carnet sanitaire sont mises à jour grâce à un smartphone.

“La prochaine étape, ce sera le système de guidage RTK pour les cultures et le drone pour la fertilisation, explique l’éleveur. Mon objectif est de diminuer les intrants, ainsi que le temps de travail, tout en maintenant, voire augmentant le rendement”. Dans un premier temps associé avec sa mère, Jean-Pierre Morille exploite à présent seul 78 ha pour 60 vaches et 520 000 litres de lait. Sans ces investissements, “j’aurais sûrement été débordé par le travail. Tous ces moyens de contrôle, cela me rend plus serein”.

S.H.

Philippe Algoët, maire de Vihiers, à côté de Michel Brossier, éleveur : “l’idée d’une collaboration entre agriculteurs et collectivités est en train d’aboutir”.
Philippe Algoët, maire de Vihiers, à côté de Michel Brossier, éleveur : “l’idée d’une collaboration entre agriculteurs et collectivités est en train d’aboutir”. - © AA
Communauté de communes du Vihiersois-Haut Layon

Tout un quartier bientôt chauffé grâce à la méthanisation

C’est la rencontre de deux projets qui a fait naître l’idée : le projet de la communauté de communes d’un quartier médico-social avec un hôpital local, une maison de retraite... et celui d’un groupe de 44 agriculteurs qui va créer une unité de méthanisation alimentée uniquement par des effluents d’élevage. “Elle sera complètement autonome dans son approvisionnement”, a souligné Michel Brossier, éleveur à Vihiers, lors d’une rencontre Territoires et Agricultures* organisée par la Chambre d’agriculture, le 19 novembre à Doué-la-Fontaine.

“J’avais proposé que le Vihiersois participe à la production d’énergie propre. On avait envisagé au départ une chaudière bois”, a expliqué de son côté Philippe Algoët, maire de  Vihiers et président de la communauté de communes. Le projet est bien avancé. L’unité de méthanisation représente un investissement collectif des agriculteurs d’un montant 8,5 millions d’euros. Elle permettra à la fois de produire de l’électricité et de chauffer de l’eau pour le chauffage d’un nouveau quartier médico-social, mais aussi d’un collège et d’une crèche.
L’enquête publique pour le méthaniseur est prévue en janvier et février 2015.
Un montage “complexe” à mettre en place, notamment pour coordonner les travaux de construction immobilière et ceux du site de méthanisation, mais qui est en voie d’aboutir. “C’est la première fois qu’un projet de cette ampleur se monte en France” souligne Jean-François Corbin, de la Chambre d’agriculture.

*Rencontres Territoires et Agricultures :
Mercredi 3 décembre, de 10 h à 12 h 30, à La Loge,
à Beaupréau. Vendredi 5 décembre, de 10 h à
12 h 30, au campus de Pouillé aux Ponts-de-Cé.
Mercredi 10 décembre, de 10 h à 12 h 30, à la
Maison de pays à Segré.

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3
MILLIONS DE TONNES DE LAIT POUR L'ALLEMAGNE. C'est le pays qui apporte le plus de supplément laitier à l'Europe (+4,3 % depuis le début de la campagne). La France, elle, voit sa collecte baisser. D'autres pays, comme les Pays Bas, voient même leur production cumulée augmentée de 10 %.

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